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mardi 13 novembre 2012

Bridget



Bridget. 

Voilà mon tout nouveau tatouage, réalisé vendredi dernier, et qui a duré 2h30 à se faire. Il n'est pas totalement terminé, il y a des retouches à faire et je devais en même temps me faire trois petits motifs, mais pris par le temps, Seb mon tatoueur n'a pas eu le temps.
Bref. Pour le moment donc, j'ai le prénom "Bridget", ainsi que le premier couplet de la chanson Roads de Portishead;

"Can't anybody see 
We've got a war to fight
Never found our way
Regardless of what they say"

Ce tatouage est long de sens. Particulièrement Bridget. Ce prénom ne représente pas une personne qui existe sur cette terre. C'est moi, mon alter égo.
Etant petite je lisais énormément de livre. J'aimais me perdre dans les histoires, certains livres m'ont touchés comme jamais. Je ne pourrais pas les relire aujourd'hui car je les trouverais sûrement trop infantile, je préfère donc en garder l'image qui m'est restée depuis.

Bridget, c'était une fille. Une grande et belle fille, avec une longue chevelure. Sa mère était récemment décédée, mais elle restait la joie de vivre, celle qui souriait le plus. Elle donnait l'impression d'avoir une force et une volonté de fer. Je me reconnaissais en elle à chaque ligne. Par rapport à ses relations avec les garçons, elle cherchait constamment l'intouchable, celui qu'elle ne pouvait pas avoir, celui qui lui ferait du mal sans le vouloir. Celui qui la ferait pleurer jusqu'à en tomber de fatigue. Après sa première fois avec l'homme qu'elle s'est donné du mal pour avoir, elle changea radicalement. Elle devient une autre, elle se teint ses beaux cheveux blonds en noir corbeau. Elle ne souriait plus. Elle n'était plus elle. Mais elle l'avait cherché. Car toujours, pour se prouver sa force, elle devait chercher à s'autodétruire. Pour se tester elle même. Pour savoir jusqu'où elle pourrait aller. Elle repoussait ses limites, sous les yeux de ses meilleures amies qui ne pouvaient rien pour elle, à part la rattraper à la chute. Celle qui me rattrapait, c'était Alice, ma meilleure amie depuis la maternelle. On a beau avoir le même prénom on est totalement différente. Et elle est la seule à comprendre ce tatouage dans tout son sens. Lorsque j'étais mal, que mon mal-être était de retour, que j'avais réussi à atteindre ce qui me détruisait, il ne suffisait que d'une phrase pour qu'elle sache comment j'étais dans ma tête. "Bridget est de retour". Et elle savait quoi faire, quoi dire, elle savait qu'il fallait juste attendre que Bridget s'en aille, pour qu'Alice revienne. Bridget n'étais jamais loin, durant mon adolescence. Elle était juste en dessous ma fine couche de peau. Il ne me suffisait d'un rien pour qu'elle apparaisse. Mais je ne la détestais pas. Je l'aimais, et parfois même je recherchais à ce qu'elle apparaisse. Je cherchais à m'autodétruire la plupart du temps. Je faisais des choses qui, je le savais par avance, allait me faire souffrir. Je recherchais à atteindre tel ou tel chose, avec une force et une volonté insurmontable. J'atteignais toujours mes buts. J'arrivais toujours à obtenir les personnes que je souhaitais. Et par la suite, Bridget revenait. Comme je l'avais attendu. Comme j'avais toujours su.

Maintenant, Bridget n'est plus souvent là. Comme je le disais dans un précèdent article, je sors d'un long travail sur moi même grâce à une longue psychothérapie, j'ai appris comment je fonctionnais. J'ai appris à contrôler Bridget comme je le peux.

Son prénom n'est pas par hasard sous ma plume. La plume, comme je l'avais expliqué, est orné de bande noire et de bande blanche. Les bandes noires représentent mon côté Bridget. Les bandes blanches, moi qui suis bien. Ma vie est tellement coupée par ces deux sortes de périodes que je n'arrivais pas jusque là à me construire, car il suffisait d'une période sombre pour détruire tout ce que j'ai pu construire le temps où je me sentais 'bien'.

Je vivais avec cette difficulté. Je ne construisais rien, car je n'y arrivais simplement pas. Depuis que j'ai commencé ma thérapie, j'ai aussi été amené à voir plusieurs psychiatres, divers médecins. On m'a diagnostiqué bipolaire, stade 2. Le diagnostique n'a pas été confirmé jusqu'au bout. Mais on m'a tout de même prescrit les traitements médicamenteux qui sont fait pour réguler mes 'périodes basses et hautes'. Depuis, je vais mieux, vraiment. Mais cela n'a commencé qu'il y a quelques mois. Je n'ai pas revu Bridget depuis maintenant longtemps. Mais je sens qu'elle n'est pas loin, et qu'elle ne disparaitra jamais totalement. Pour la première fois de ma vie j'arrive enfin à créer des choses concrètes dans ma vie. A garder un travail. A ne pas rester enfermer dans le noir chez moi. J'avance, tout simplement. Je n'ai que 21 ans, mais je sais maintenant tout ce qui est en moi, et tout ce qui peut m'empêcher d'avancer. Je sais que je peux avoir le contrôle sur ma vie dorénavant.

Le couplet de la chanson Roads, je tenais à me le faire depuis pas mal de temps. Cette chanson, je ne peux plus l'écouter depuis 7ans maintenant. Je l'ai écouté en boucle à une période. La periode la plus sombre de ma vie; mes 14ans. Je m'accrochais à ces paroles en me disant qu'il fallait que je me batte pour m'en sortir. Car je suis tombée tellement bas cette année, que je n'avais plus que deux options; me battre et réussir à m'en sortir, mais avoir des comptes à rendre. Ou bien tout simplement donner ma vie, et abandonner tout ce mal qui m'entourait. Chaque jour, je voulais me tuer. Je me disais que même si je me sortais de ma situation actuelle, jamais je n'aurais la force de faire face à "l'après"qui m'attendait. Tous ces gens qui me regarderaient comme une bête de foire. Au final j'ai réussi, sinon je ne serais pas là à écrire. Mais cette réussite n'a tenu qu'à très peu de gens. Alice, Hélène, mes deux grands frères ainsi que ma mère.

Même 7ans après, je vis encore avec les séquelles que cette période m'ont apportés. Je ne sais pas vraiment si j'arriverais à l'écrire ici, mais j'y pense.


13 commentaires:

carolina ballesteros a dit…

WOW

Anonyme a dit…

andouille -__-

Anonyme a dit…

c'est très touchant je me retrouve un peut sur certains points très évocateurs .

Emilie M

Anonyme a dit…

Ton taouage est juste magnifique.

Scrat.D a dit…

" Ces pauvres grecs, aveugles et maladroits, ne cessaient jamais de commettre la même erreur. Ils ne retenaient jamais la leçon. Ils fonçaient droit devant. Ils refusaient de regarder en arrière. Exactement comme elle. "

Toujours un peu ta Tibby =)

Virginie. a dit…

Je crois savoir quels sont les ouvrages dans lesquels tu as "pris" ce prénom; Bridget. Je les lisais aussi, ils me permettaient de rêver et de m'évader. Comme pour beaucoup de jeunes filles je pense.

Je reconnais pas mal de sentiments que tu décrits, mais différemment. Quoi qu'il en soit continue de t'accrocher et de voir les étapes de la vie comme des réussites.

Bisous

Virginie. a dit…

P.s: "l'assemblage" de tes tatouages est magnifique!

Ema a dit…

4 filles et un jean... C'est dingue mais si j'avais du t'identifier a l'une d'entre elles, ça aurait plutôt été Tibby que Bridget.
À vrai dire, c'est la seule des 4 filles que je n'ai jamais comprise. Ton texte m'éclaire enfin, quelque chose comme 7/8 ans après avoir lu les livres.

Au passage, un dernier tome à été publié récemment. Ça pourrait te faire du bien de le lire. Histoire d'enterrer les démons de ton passé...

Anonyme a dit…

4 Filles et en Jean,une partie de mon adolescence =')
Même s'il m'arrivait de m'identifier aux personnages, ça n'a jamais été aussi loin que toi... comme quoi on a pas la même perceptions des choses... l'humain a encore tellement de secrets pour nous...

Anonyme a dit…

"Pour toujours", titre du 5ème tome publié, la fin de l'histoire.

Anonyme a dit…

"Pour toujours", titre du 5ème tome publié, la fin de l'histoire.

Mao a dit…

Se mettre ainsi à nu. Déjà le faire soit même est un exercice fort difficile. Mais le faire aux yeux du monde, se montrer tels que nous sommes, avec nos cicatrices parfois pas toujours refermées, nos forces, nos certitudes et nos doutes, nos peurs mais aussi nos moments de joies et la source de toute notre âme.

Je ne te connais pas, ou du moins, je ne connais qu'une infime partie de toi à travers les pixels de mon écran.
Mais ce que tu me montres, à moi mais aussi à tous ceux qui te suivent, est un symbole fort, celui de la résurrection d'un phœnix, qui sera flamboyant et aveuglant par les flammes qui le composent.

Merci pour ce symbole Alice, il donne du courage à énormément de gens, dont à moi également.

Mel a dit…

La description de cette "N" me ferait penser qu'elle pourrait être ce qu'on appelle une "perverse narcissique". Tu devrais aller voir les symptomes de cette affreuse maladie psychologique qui font des personnes atteintes des dangers mortels pour autrui.